Seul à la maison : faire face aux aboiements et à la mastication excessive

Si vous êtes restés confinés chez vous avec votre chien pendant une période prolongée, le retour au travail peut être une source de stress pour vous et provoquer une certaine anxiété de séparation chez votre chien. Les aboiements ou les hurlements et la mastication destructrice sont des comportements couramment adoptés par les chiens à la suite de cette rupture dans leurs habitudes.
Faire face aux aboiements et à la mastication excessive
Faire face aux aboiements et à la mastication excessive
Faire face aux aboiements et à la mastication excessive

Aboiements ou hurlements lorsqu'on le laisse seul

Parmi tous les problèmes comportementaux du chien, le plus pénible est sans doute celui d’un chien qui aboie en notre absence. De nombreux chiens se pelotonnent et se calment dans un espace réduit où ils se sentent davantage en sécurité, avec juste un couchage et un jouet à mâcher à leur portée. Ainsi lorsqu’il est seul à la maison, un chien se sentira moins anxieux en étant dans une caisse par exemple une similaire à celles utilisées pour les transports aériens (en plastique moulé), ou dans une en fil de fer recouverte d'un drap ou d'une nappe. Un point de vigilance pour les chiens sujets à des problèmes d'anxiété sévère (souvent des chiens adoptés dans des refuges) : certains chiens peuvent devenir fous dans une cage ; ils tremblent, bavent, luttent et tentent de s’en échapper à tout prix. Dans ce cas, vous devez demander l'avis d'un dresseur de chiens professionnel ou d'un comportementaliste canin qualifié, qui s’y connaît en problèmes de comportement canin.

Mastication excessive

Certains chiens sont sujets à l’anxiété dès lors qu'on les laisse seuls ou en l’absence de membres de leur famille. La mastication destructrice est un symptôme courant de l'anxiété de séparation. Bien que le traitement puisse parfois être épineux, voici quelques conseils susceptibles d’aider votre chien à être plus serein lorsqu'il est seul.

  • Soumettez-le à une forte stimulation physique et mentale avant de partir.
  • Installez-le dans une caisse ou confinez-le dans une seule pièce de la maison lorsqu'il est seul. Si votre chien n'a pas été habitué à la caisse ou si la caisse est source de stress supplémentaire, essayez de le confiner dans une pièce.
  • Éliminer de son environnement tout ce qu'il ne doit pas mâcher
  • N'utilisez jamais la caisse pour le punir.
  • Donnez-lui une récompense très prisée comme un Kong. Avant de le laisser dans sa caisse, frottez le Kong ou le jouet entre les paumes de vos mains. Lorsque l’objet en question est imprégné de votre odeur, votre chien se focalisera d’autant sur celui-ci.
  • Vos départs et vos retours à la maison doivent s’effectuer en toute sérénité. Sans au revoir qui n’en finissent plus ni bonjours disproportionnés. Commencez par laisser votre chien seul à la maison pendant de très courtes périodes. L’objectif est de rentrer chez vous avant qu'il n’éprouve de l’anxiété et ne commence à mâcher tout et n'importe quoi.
  • Lorsque votre chien supporte de rester seul pendant de courtes périodes, augmentez progressivement vos temps d’absence.

Mise en situation d’aboiements

  1. Confinez le chien dans la partie la plus calme de la maison. Un chien ayant des problèmes de comportement ne mérite pas d’aller et venir en toute liberté dans la maison.
  2. Tirez les rideaux et/ou baissez les stores. Un environnement sombre a un effet apaisant sur la plupart des chiens. En outre, il est dénué de stimuli visuels susceptibles de provoquer un chien territorial ou qui s'ennuie. Pour les chiens de garde les rideaux étouffent les sons de l'extérieur.
  3. Laissez une radio ou un téléviseur allumé en bruit de fond. Imaginez à quel point le silence est « assourdissant » lorsque toute la maisonnée est partie et que la radio ou le téléviseur sont éteints ! Une chaîne stéréo/TV/radio allumée n’a pas pour seul effet de masquer les bruits extérieurs, elle recrée aussi l’ambiance sonore de votre présence.
  4. Lorsque vous partez, donnez au chien un jouet à mâcher que vous réservez uniquement à vos absences et qui est imprégné de votre odeur. Ce jouet doit être vraiment extraordinaire ! Donnez-le au chien au moment où vous partez après l’avoir frotté plusieurs fois entre les paumes de vos mains. Ce manège constitue non seulement une tactique de diversion, mais il contribue aussi à ce que le chien associe le fait d'être laissé seul à une expérience pas si mauvaise que çà, car c'est le seul moment où la « chose la plus merveilleuse au monde » apparaît !
     

Si vous avez essayé tout ce qui précède et que vous trouvez toujours des « mots » de vos voisins, vous devez habituer votre chien à vos départs en l’éduquant par des « mises en situation d'aboiement ». Cette démarche s’inscrit dans la durée ; le programme implique nécessairement de progresser lentement, pas à pas. Soyez prêt à y consacrer un long week-end ou quelques jours de vacances.
 

  1. Simulez les faits et gestes habituels annonçant votre départ. Avez-vous pour habitude de vous maquiller, de chercher vos clés, vos gants, etc. ? Préparez-vous un sac de sport ou sortez-vous vos poubelles ? Faites croire au chien qu’il s’agit d’un de vos départs quotidiens habituels.
  2. Tout en lui donnant son jouet réservé aux séparations, établissez un contact visuel et dites-lui d'un ton ferme et neutre d’être sage jusqu'à votre retour. 
  3. Absentez-vous pendant une courte période. Juste une minute ou deux pour commencer. Si vous prenez un ascenseur, appelez-le et entrez-y. Descendez d’un étage et remontez par les escaliers. Attendez 1 à 2 minutes. Si le chien n'a pas aboyé, entrez chez vous et félicitez-le sans emphase. Si vous entendez qu’il commence à aboyer, réprouvez son comportement par un coup sec sur la porte avec un objet solide comme un porte-clés en laiton et recommencez à chronométrer. Chaque fois que le chien aboie, donnez un coup sec sur la porte et remettez le chronomètre à zéro. Il faut parfois attendre une demi-heure pour obtenir 1 à 2 minutes de silence. Lorsque vous y êtes parvenu, entrez chez vous et félicitez-le. Laissez s’écouler 15 à 30 minutes et recommencez.
  4. L’objectif est bien évidemment de pouvoir s’absenter de plus en plus longtemps sans avoir à intervenir sur les aboiements du chien. Augmentez la durée de votre absence petit à petit. Fixez-vous des objectifs (5, 10, 15 minutes) puis rentrez chez vous et félicitez le chien s'il est resté silencieux pendant le laps de temps défini. N'attendez pas indéfiniment pour en fin de compte réprimander le chien parce qu’il a fini par aboyer. Son silence doit être félicité. Un comportement approprié doit être reconnu.
     

La plupart des chiens capables de rester silencieux pendant deux heures peuvent généralement rester silencieux pendant une journée de travail de 8 à 10 heures. C'est d’obtenir peu ou prou cette première heure de silence qui nécessite parfois plusieurs jours d’éducation par des mises en situation. Les problèmes d'aboiement sont rarement résolus en une journée.

Les mises en situation d'aboiement peuvent être fastidieuses, mais elles donnent généralement des résultats si vous vous y attelez correctement. Dites à vos voisins que leurs plaintes ne vous laissent pas indifférents ; que vous avez conscience de la gêne occasionnée et que vous avez pris des mesures pour résoudre le problème. Bien souvent, ils vous accorderont un délai s'ils savent que leurs plaintes ne sont pas tombées dans l'oreille d'un sourd.