
Acrobaties, voltiges et volte-face...
Tout en souplesse, le chat se divertit. Il piétine la pelote de laine, l’emprisonne entre ses pattes, il jette la balle par-dessus son épaule… Il y a comme un faux- air de chasse dans le jeu du chat, qui, depuis son âge de chaton, confond le jeu avec la vraie vie. À quoi joue-t-il ?
Bouger, courir, saisir… Le moindre objet à portée de patte déclenche une série de réflexes chez le petit félin. Son corps à lui seul exprime le sport. Si l’activité ludique est essentielle dans la vie du chat, c’est qu’elle représente, d’une part, la maîtrise et l’expérimentation, d’autre part, la chasse.
Revenons à nos… chatons !
Car le jeu sert à appréhender le monde. C’est par ce moyen, que le chaton reconnaît un objet, découvre l'espace et prend conscience de la place qu'occupe son corps.
La bataille pour rire
Tout commence à l'âge de trois semaines: le diablotin engage une « bataille pour rire » avec sa mère. Puis la pseudo attaque devient un apprentissage et le chaton se laisse prendre au jeu. Le poil tout gonflé, il impressionne ses frères et soeurs. Il faut le voir se déhancher, remuer l'arrière-train, se tapir et flanquer une raclée à son partenaire!
À chat perché
Il joue à saute-mouton, à chat perché, grimpant sur la corniche d'une armoire. Il engage une partie de cache-cache, sous un tapis, creuse un tunnel, dans un carton d'emballage, s'invente un refuge, c'est sa cabane à lui. La tête dans les nuages, le regard ailleurs, il marche à tâtons... On dirait qu’il joue au jeu du chat. Il tend la patte au hasard vers une queue ou des moustaches. Touché! La partie est un plaisir.
Le grand jeu
À cinq semaines, il saute, attrape, ramène les objets vers lui. Ce ne sont pas des jeux de hasard, mais des jeux nécessaires, qui préfigurent les scènes de chasse. Des scènes en trois actes qui correspondent à trois jeux précis: le jeu de la souris, le jeu de l'oiseau, le jeu du poisson.
Le jeu de la souris
Par terre, une balle de laine ou une ficelle. Le chaton contemple, tend la patte. Il attire la balle vers lui et sort les griffes. Puis il pousse l'objet, replie les pattes et s'aplatit. Objectif? Fixer sa proie sans jamais la quitter du regard. La tête près du sol, le postérieur en balancier, il piétine, puis tend ses pattes arrière, bondit, retombant juste sur la balle. Quand la "souris" lui échappe, il se précipite sur elle, la récupère. La voici immobilisée entre ses pattes, prisonnière et victime… Il ne s’y prendra pas autrement pour piéger le temps venu, un mulot, un souriceau.
Le jeu de l'oiseau
Si par bonheur, il repère à la poignée d’une porte, un bouchon suspendu à une ficelle, hop! il fait un bond, s'en empare, doigts écartés, toutes griffes dehors, ergots pliés à angle droit. Certes, « l'oiseau » n'a pas pris son envol, mais le chaton, dans son esprit, a bel et bien attrapé une proie. Le chat chasseur, avec dextérité, acquiert toute la gestuelle d’une prise d’arme.
Le jeu du poisson
Une simple balle de papier transporte le chaton au bord de la rivière. Voyez comme il a une manière très particulière de la saisir. D'un mouvement vif, il tourne sa patte vers le haut. Puis d'une chiquenaude, propulse la balle par-dessus son épaule et, en un quart de tour, la poursuit, sur un rythme endiablé. Le chaton a le diable au corps. C’est le même scénario qu’il jouera au bord d'une mare ou d'un étang, lorsqu’il s’apprêtera à saisir pour de vrai un poisson.
Jeux interdits
Qu’il joue à la souris, à "Pigeon vole", s'adonne à une partie de pêche, le chat fait son numéro. Le spectacle est dans la
salle. Il nous amuse. Et mieux vaut l’avoir à l’œil ! Car les bêtises font partie du programme.
En effet, bon nombre de détails peuvent échapper à l'attention du maître. La tentation est grande pour le chat, -surtout
quand il est tout jeune-, de mordiller les fils électriques. Un vrai jeu de souris! Hélas, croyant torturer une proie, le
chat tombe dans le guet-apens. L'accident d’électrocution est inévitable.
Tirer son épingle du jeu
À la partie de lancer, il ne finit pas toujours gagnant. Pour peu qu’on ait oublié d'ôter l'aiguille sur la bobine de fil, qu'il traque, confond avec une souris et mordille, la piqûre est douloureuse et l’intervention du vétérinaire indispensable si le chat a avalé l’aiguille.
Reprendre ses billes
La balle de mousse, apparemment anodine, est à proscrire, lorsque, de la taille d'une bille, elle est mignonne à croquer pour le chaton. Son premier réflexe, une fois qu'il a attrapé son butin, est d'y mettre les dents ! Effet cruel, il risque l’étouffement.
Sac de noeuds
Le sac en plastique, dans lequel il s'amuse comme un fou, l'attaquant par surprise, sans vouloir lâcher prise, l'expose à tous les dangers. En mettant son joujou en lambeaux, le chat avale du plastique ou encore, en s'engouffrant dans l'enveloppe, s'asphyxie.
Tournez manège !
Gare aux merveilleuses cachettes que les tiroirs des commodes, où il se niche à la va-vite, l’enivrant « tournez- manège »
que le tambour de la machine à laver où il se précipite ! C'est ainsi que toute une série de jeux, véritablement enchanteurs
pour le chat, lui sont néfastes. Un accident est si vite arrivé !
On a beau jeu de lui faire comprendre ses imprudences, rien ne vaut de jouer… à chat avec son chat !
VOULEZ-VOUS JOUER À CHAT AVEC LUI ?
Rien n’est plus facile que de jouer avec son chat. Malgré sa sérénité, il est toujours sur le qui-vive.
On lui lance une balle de papier, il réagit illico presto. Jouer à cache-cache fait partie de ses jeux favoris.
Chaque matin, lorsque l'on fait son lit, il est de la partie. Comme un voleur, il se jette sur les draps, s'immobilise.
Les épaisseurs, qui le recouvrent peu à peu, ne le gênent en aucun cas. Seule la bosse formée à son endroit laisse imaginer
que le lit sert de cachette. Les cartons d'emballage, les boîtes à chaussures sont la caverne d’Ali Baba pour ce bon petit
diable. Il s'y engouffre, se niche, s'isole, se dissimule, s'efface du monde ordinaire.
Quoi de plus naturel que de le faire « jouer à chat »? Caché derrière une commode, il espionne son maître en remuant la
queue. Il frémit comme un tigre aux aguets. Dans l'air, dessine des arabesques: aucun saut ne ressemble au précédent.
Puis il fait le gros dos, fin prêt pour le combat. Est-on accroupi sur le tapis, en train de ramasser un objet, le petit
malin interprète cette position comme une invitation… et passe à l’attaque. Chat !
JOUER, C’EST BON POUR LE QI
A l'âge de la socialisation notamment -entre 4 et 8 semaines-, un chat, privé de la possibilité de jouer, peut afficher un plus faible quotient intellectuel. Son système psycho-moteur est au ralenti. Un tel chaton accuse de grandes difficultés d'intégration auprès de l'homme. On considère qu'il souffre de carences affectives.


